Émergence en 2025 : la stratégie d’Idriss Deby Itno
Doté d’un système éducatif peu développé, le Tchad veut s’appuyer sur la Tunisie pour amorcer son décollage et former des ressources humaines compétentes.

Doté d’un système éducatif peu développé, le Tchad veut s’appuyer sur la Tunisie afin d’amorcer son décollage, longtemps retardé par des conflits armés et autres. Le président tchadien Idriss Deby Itno, qui a l’ambition de faire du Tchad un pays émergent à l’horizon 2025, souhaite doter le pays de ressources humaines compétentes.
Comme la plupart des pays africains, le Tchad s’est fixé une date ou, du moins, une période pour rejoindre le rang très serré des pays émergents. En Afrique centrale, et contrairement à des pays voisins qui souhaitent être émergents en 2035, le pays d’Idriss Deby Itno compte, pour sa part, atteindre l’émergence d’ici 2025.
Un document de stratégie soutient cette grande ambition qui, malgré les difficultés du pays, demeure réalisable. Car, apprend-on, ce n’est pas la volonté qui manque au président tchadien. Réputé très discret sur la construction de son pays, le président Idriss Deby Itno n’a pas manqué de lever un pan de voile sur sa stratégie d’émergence. Pendant le forum économique Tchad-Tunisie qu’abritait N’Djamena les 23 et 24 juin derniers, le numéro un tchadien a profité de l’occasion pour indiquer qu’il entend s’appuyer sur la formation de ressources humaines de qualité pour développer ce grand pays qu’est le Tchad.
700 étudiants en Tunisie
Pour y arriver, Idriss Deby Itno compte énormément sur la Tunisie, un pays frère et ami avec lequel le Tchad a récemment signé plusieurs accords-cadres, dont un dans le domaine de l’éducation. À l’en croire, la formation du capital humain est la clé de l’objectif visé, car elle permet à tout pays de se développer. D’où la sollicitation de l’accompagnement de la Tunisie dans ce domaine.
« Aujourd’hui, nous avons en Tunisie plus de 700 étudiants tchadiens, qui étudient dans les meilleures conditions possibles », se réjouit le chef de l’État tchadien. « Les accords qui viennent d’être signés rapprochent davantage les deux pays et renforcent les coopérations bilatérales existantes », estime-t-il, louant les compétences dont jouit aujourd’hui la Tunisie dans tous les domaines. Des compétences qui, d’après lui, sont avérées. « C’est pour cela que le Tchad pourra en bénéficier pour amorcer son décollage, longtemps retardé par des conflits armés et autres. Nous avons l’ambition de faire du Tchad un pays émergent à l’horizon 2025. Pour cela, le Tchad a besoin de ressources humaines compétentes », lance Idriss Deby Itno. Le président tchadien se dit convaincu que l’Afrique dispose de compétences avérées qui doivent être mises à la disposition de l’Afrique.
Le système éducatif demeure très peu développé au Tchad, avec seulement quelques universités et quelques grandes écoles de formation professionnelle. Ce qui n’est pas le cas de la Tunisie, dotée d’un système de formation des ressources humaines très avancé. En 2005-2006, la Tunisie comptait 178 établissements publics d’enseignement supérieur, parmi lesquels 13 universités, 24 instituts supérieurs des études technologiques et six instituts supérieurs de formation des maîtres. Le ministère de l’Enseignement supérieur supervise 155 établissements, dont 23 placés sous la co-tutelle d’autres ministères. En Tunisie, le système universitaire est pratiquement gratuit, ce qui n’est pas encore le cas dans plusieurs pays subsahariens. Le Tchad compte donc se mettre à niveau.
- Auteur :
- Moïse Aignan N.
- Publié le :
- mardi 1 juillet 2014





