De l'or tchadien dans les coffres de la BEAC ?
Réuni à N'Djamena début octobre, le conseil d'administration de la BEAC a validé le cadre de son programme d'achat d'or produit dans la région. Un projet ambitieux qui peut concerner directement la filière aurifère tchadienne.

Une décision prise à N'Djamena
Le 5 octobre 2026, le conseil d'administration de la Banque des États de l'Afrique centrale s'est réuni dans la capitale tchadienne. Il y a adopté la stratégie 2027-2030 de l'institution ainsi que les directives du Programme d'achat d'or domestique (PAOD). Cette étape fait suite à la décision de principe prise le 8 avril 2026 par le Comité ministériel de l'Union monétaire de l'Afrique centrale (UMAC) de monétiser l'or régional.
L'idée est simple : au lieu de laisser l'or extrait dans la sous-région partir à l'étranger, la banque centrale l'achète en francs CFA et l'ajoute à ses réserves.
Passer de 4 % à 15 % d'or dans les réserves
Aujourd'hui, l'or ne représente qu'environ 4 % des réserves de change de la BEAC. Le plan stratégique 2025-2030 vise 15 %. À fin 2025, la banque centrale détenait 201 903 onces, soit environ 6,3 tonnes, exactement la même quantité qu'un an plus tôt.
La hausse des cours mondiaux a pourtant fait grimper la valeur de ce stock : de 333,9 milliards de FCFA fin 2024 à 492,9 milliards fin 2025. Mais il s'agit d'une plus-value sur papier. Pour renforcer réellement les réserves, il faut acquérir de nouvelles quantités.
Le défi des filières locales
C'est là que le chantier devient concret. Une grande partie de l'or de la région provient de l'exploitation artisanale, souvent informelle. Pour que la BEAC puisse acheter, il faudra des circuits de collecte accessibles, un contrôle de l'origine du métal, une certification fiable et un prix attractif pour les producteurs.
Les quantités, le financement et le calendrier des premières acquisitions n'ont pas encore été précisés. La BEAC a déjà sollicité la Centrafrique, où plusieurs sites aurifères sont exploités.
Une opportunité pour le Tchad
Pour le Tchad, où l'orpaillage occupe de nombreuses personnes, ce programme pourrait offrir un débouché formel et sécurisé. À condition que l'État organise la filière : recensement des sites, comptoirs agréés, traçabilité et lutte contre la contrebande.
Les chiffres à retenir
- Stock d'or de la BEAC : environ 6,3 tonnes
- Part de l'or dans les réserves : 4 %, objectif 15 %
- Valeur du stock fin 2025 : 492,9 milliards FCFA
- Publié le :
- mercredi 28 octobre 2026





