BEAC : la pause avant une nouvelle baisse des taux ?
Après avoir desserré l'étau monétaire en juin, la Banque des États de l'Afrique centrale a choisi de ne rien changer fin septembre. Une prudence qui laisse les entreprises dans l'attente du dernier Comité de politique monétaire de l'année.

Un assouplissement amorcé en juin
Le 29 juin 2026, à Yaoundé, le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC a pris une décision attendue par les milieux d'affaires : il a abaissé son principal taux directeur, le taux d'intérêt des appels d'offres (TIAO), de 4,75 % à 4,50 %. Le taux de la facilité de prêt marginal est passé de 6,25 % à 5,75 %. Dans le même temps, la banque centrale a réduit les réserves que les banques doivent obligatoirement déposer chez elle : 6,50 % sur les dépôts à vue (contre 7 %) et 4 % sur les dépôts à terme (contre 4,5 %).
Concrètement, ces mesures libèrent de l'argent dans le système bancaire. Les banques peuvent se refinancer moins cher et disposent de plus de ressources pour prêter aux ménages et aux entreprises.
Septembre : on ne bouge plus
Trois mois plus tard, le 28 septembre, le CPM a choisi le statu quo. Le TIAO reste à 4,50 %, la facilité de prêt marginal à 5,75 % et la facilité de dépôt à 0 %. La BEAC veut d'abord mesurer l'effet des décisions de juin avant d'aller plus loin.
Le contexte invite à la prudence. Les services de la BEAC ont revu la croissance de la zone à 3 % pour 2026, contre 3,7 % en 2025. L'inflation reste contenue autour de 2,2 %, sous la norme communautaire de 3 %. Côté extérieur, les réserves de change devraient couvrir environ 4,5 mois d'importations et la couverture extérieure de la monnaie remonterait à 72,4 %.
Ce que cela change pour les entreprises tchadiennes
Pour un chef d'entreprise à N'Djamena, la question est simple : le crédit va-t-il devenir moins cher ? La baisse des taux directeurs met du temps à se transmettre aux conditions bancaires. Elle dépend aussi de la concurrence entre banques et du niveau de risque perçu sur chaque emprunteur.
Le prochain CPM devra arbitrer entre deux options : poursuivre l'assouplissement pour soutenir une croissance qui ralentit, ou attendre que les réserves de change se consolident davantage. La faible inflation plaide pour la première option, la fragilité des réserves pour la seconde.
Les chiffres à retenir
- TIAO : 4,50 % (depuis le 29 juin 2026)
- Facilité de prêt marginal : 5,75 %
- Croissance CEMAC attendue en 2026 : 3 %
- Réserves de change : environ 4,5 mois d'importations
- Publié le :
- mercredi 28 octobre 2026





