L’Afrique serait-elle aux « portes » de l’émergence ?
Depuis 2010, l’Afrique enregistre des taux de croissance entre 4 et 5 %. Un engouement qui mérite de raison garder.

Depuis 2010, l’Afrique enregistre des taux de croissance entre 4 et 5 %.
Cette situation contraste avec les années 1980-1990 (entre 1 et 3 %, avec une récession en 1992-1993) et avec 2008-2010 (entre 3 et 4 %) liée à la crise financière dans les pays de l’OCDE. Cette embellie « globale » ne doit pas masquer les grandes différences entre les 54 pays du continent. Ce sont les pays exportateurs de pétrole qui, sur la période 2002-2010, enregistrent des taux de croissance moyens de près de 7 %, contre 4,5 % pour les importateurs de pétrole.
Cette croissance s’installe dans des économies aux poids très différents. L’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Libye, Tunisie, Égypte) contribue à plus de 35 % du PIB africain, l’Afrique du Sud à elle seule pèse pour plus de 20 %. Les 47 autres pays pèsent 45 % alors qu’ils représentent plus de 75 % de la population.
L’Afrique serait-elle aux « portes » de l’émergence ? Un tel engouement mérite de raison garder. Car la qualité des données reste précaire, tant les appareils statistiques nationaux ont été délaissés. Les données macroéconomiques ont un degré de fiabilité très limité. Plus fondamentalement peut-être, la construction du chiffre ne serait-elle pas celle d’une représentation d’un continent en expansion aussi bien de la part des gouvernements que des institutions internationales, voire des agences de notation des États ? On sortirait d’une ère de l’afropessimisme afin d’attirer des investisseurs en quête d’opportunités.
D’où provient le boom de ce continent varié et complexe ? Vous lirez dans ce numéro les sept faits surprenants concernant l’Afrique, un continent dont l’économie pèse 2 000 milliards de dollars.
L’Afrique aux Africains… En visite de travail et d’amitié au Tchad, le président tunisien S.E. Moncef Marzouki nous indiquait, par ailleurs, que si on ne règle pas la question sécuritaire sur le continent, la démocratie et le développement ne seront que de vains mots. Et son homologue tchadien S.E. Idriss Deby Itno renchérissait que les pays africains sont déterminés à combattre toutes les forces qui sèment la désolation sur le continent : « Le terrorisme ne connaît ni enfant, ni femme. Aucun pays ne peut enrayer ou combattre seul le terrorisme. »
Nous vous souhaitons une bonne lecture et vous donnons rendez-vous pour notre prochain numéro.
- Auteur :
- Laure Wakam Lewe
- Publié le :
- mardi 1 juillet 2014





