Le temps de l’Afrique est venu : sept faits surprenants
L’économie de l’Afrique croît plus vite que celle de tous les autres continents. Voici sept faits surprenants sur un continent dont l’économie pèse 2 000 milliards de dollars.

L’économie de l’Afrique croît plus vite que celle de tous les autres continents. Environ un tiers des 54 pays africains connaissent une croissance de leur PNB supérieure à 6 %. Mais tout ne vient pas des diamants et du pétrole : seulement 24 % de la croissance de 2000 à 2008 était attribuable aux ressources naturelles. D’où provient le boom de ce continent varié et complexe ? Voici sept faits surprenants concernant l’Afrique, un continent dont l’économie pèse 2 000 milliards de dollars.
1. C’est une énorme opportunité de marché
Une carte à l’échelle montre l’immensité de l’Afrique. 52 villes comptent un million d’habitants ou plus, comme en Europe occidentale. Le pourcentage de personnes vivant dans des villes est plus élevé qu’en Inde et atteindra 50 % d’ici à 2030. La classe moyenne est aussi plus importante qu’en Inde et, d’ici à 2020, la moitié des ménages africains disposeront d’un pouvoir d’achat substantiel. L’Afrique a besoin de tout : infrastructures, éducation, santé, biens de consommation. Et elle peut payer pour cela.
2. Elle est de plus en plus stable
La dette et l’inflation ont beaucoup diminué au cours de la dernière décennie, car les différents gouvernements africains sont maintenant largement alignés sur les économies de marché. Le nombre de coups d’État a aussi beaucoup baissé depuis 1990. Bien qu’elles évoluent à des rythmes différents, les réformes politiques sont en route, comme le montre l’indice « Polity IV », un baromètre de la démocratie établi sur une échelle de 21 points (la note −10 étant attribuée aux monarchies héréditaires, +10 aux nations démocratiques).
3. Bientôt la première réserve de main-d’œuvre du monde
La main-d’œuvre africaine va augmenter de 163 millions de personnes au cours de cette décennie. D’ici à 2035, elle sera supérieure à celle de la Chine et, en 2050, les Africains représenteront le quart des travailleurs de la planète. De surcroît, ils auront bien moins de personnes dépendantes à charge que n’importe quelle autre population dans le monde. Mais de gros investissements dans l’amélioration de la productivité sont requis pour assurer une croissance globale et équilibrée de la région.
4. 20 % des dépenses publiques sont consacrées à l’éducation
C’est deux fois plus que la moyenne des pays de l’OCDE (11 %). Le taux d’entrée en primaire était de 76 % en 2008, soit 14 points de plus en dix ans. L’entrée en secondaire (35 %) est encore faible mais a crû de 10 points. Le niveau d’études n’est pas encore en rapport avec celui des dépenses, mais il y a déjà des réussites remarquables : des étudiants en mathématiques et en sciences du Ghana et de Tunisie figuraient parmi les meilleurs du monde dans les années 2000. L’éducation est le facteur crucial qui déterminera si l’expansion rapide de la main-d’œuvre sera une bénédiction ou non.
5. Elle possède l’essentiel des terres arables
Les ressources naturelles ne font pas tout, mais c’est un atout. Avec 60 % des terres cultivables de la planète, l’Afrique peut devenir une puissance agricole. Elle est également riche en pétrole et en gaz. Au Mozambique, en Tanzanie et en Ouganda, de nouveaux gisements pourraient drainer 40 milliards de dollars d’investissement étranger. Les compagnies qui ne font que de l’extraction ne trouveront pas de soutien durable en Afrique. Mais celles qui bâtissent des chaînes d’approvisionnement locales, embauchent du personnel local et produisent pour le marché intérieur peuvent emporter la mise.
6. Le commerce intra-africain est naissant
Comparée à l’Europe, à l’Asie ou à l’Amérique latine, l’Afrique connaît le plus faible taux d’échanges commerciaux intérieurs (11 %). C’est un continent fracturé, mais une nouvelle race de compagnies panafricaines compétitives et de leaders est en train de changer la donne. Des ministres du Commerce de plus en plus compétents et des dirigeants d’entreprise se chargent de promouvoir le libre-échange au sein des cinq grands blocs commerciaux.
7. Le mobile explose
L’industrie du mobile employait directement et indirectement 3,6 millions de travailleurs à temps plein en Afrique en 2010. De 2 % en 2000, la pénétration du mobile atteindra 84 % d’ici à 2015. Les opérateurs ont réduit leurs prix de 18 % en moyenne en 2011. Le trafic de l’Internet mobile en Afrique subsaharienne va être multiplié par 25 au cours des quatre prochaines années. Les compagnies devront séduire les clients du mobile de première génération : les smartphones ne représentent que 3 % du marché, contre 15 % prévus en 2015.
- Auteur :
- Laure Wakam Lewe
- Publié le :
- mardi 1 juillet 2014





